|
Depuis la loi du 25/7/85,
plusieurs personnes, prises individuellement ou
constituées en société, peuvent se regrouper en
association afin d'engager un ou plusieurs salariés qui
sont ensuite mis à leur disposition à tour de rôle. Comment
est réglementé le groupement
d'employeurs ?
Le
groupement d'employeurs doit prendre la
forme d'une association régie par la loi
de 1901. Les personnes qui se regroupent
ainsi peuvent être des personnes
physiques ou des sociétés. Mais chacune
peut appartenir à plus de deux
groupements. Les employeurs ne doivent
pas occuper plus de 300 salariés pour
faire partie d'un groupement.
Les
personnes qui se regroupent doivent
entrer dans le champ d'application d'une
même convention collective . Si tel
n'est pas le cas, le groupement doit
déterminer la convention collective qui
sera appliquée au salarié et le
déclarer à la direction départementale
du travail .
Comment
former un groupement d'employeurs ?
Les
personnes qui souhaitent former un
groupement d'employeurs doivent : créer
une association loi de 1901, avec dépôt
des statuts à la préfecture ; informer
les représentants du personnel de leur
entreprise de la constitution et de la
nature des activités du groupement ;
adresser à l'inspecteur du travail une
note d'information précisant le nom, le
siège social, la forme juridique du
groupement, les coordonnées de ses
dirigeants, les statuts, la liste des
membres, le nombre de salariés occupés,
la convention collective applicable ;
lorsque les membres du groupement ne
relèvent pas de la même convention
collective, souscrire une déclaration
auprès de la direction départementale
du travail en mentionnant la convention
choisie.
L'autorité
administrative dispose d'un délai d'un
mois pour faire connaître son opposition
à l'exercice de l'activité d'un
groupement. En cas d'absence
d'opposition, l'autorisation est
réputée tacitement acceptée.
Bon à
savoir : La loi quinquennale pour
l'emploi du 20/12/93 prévoit la
possibilité de créer au sein du même
département ou dans des départements
limitrophes, des groupements locaux
d'employeurs à l'intérieur des zones
permettant d'obtenir la prime à
l'aménagement du territoire au titre des
projets industriels ou aux programmes
d'aménagement concerté des territoires
ruraux des contrats de plan.
Quelle est
la situation d'un salarié engagé par un
groupement d'employeurs ?
A l'égard
du groupement d'employeurs : Le salarié
est lié au groupement par un contrat de
travail qui doit être inscrit, et
conclu, en principe, pour une durée
indéterminée. Le contrat doit
mentionner les conditions d'emploi et de
rémunération, la qualification des
salariés, la convention collective
applicable, la liste des utilisateurs
potentiels et le(s) lieu(x) d'exécution
du travail. Si un des utilisateurs est
défaillant, le groupement doit maintenir
la rémunération du salarié, sauf en
cas de chômage partiel.
A l'égard
des entreprises utilisatrices : Le
principe est que les salariés
travaillent pour plusieurs employeurs.
Chacun de ceux-ci est responsable des
conditions d'exécution du travail. Il
doit en particulier respecter les
prescriptions légales et
conventionnelles concernant notamment la
durée du travail, le travail de nuit, le
travail des femmes et des mineurs, le
repos hebdomadaire et les jours fériés,
l'hygiène et la sécurité.
Les
membres du groupement sont solidairement
responsables des dettes à l'égard des
salariés. Cela signifie qu'ils peuvent
réclamer la totalité de ce qui leur est
dû à l'un quelconque des employeurs
membres de l'association.
Un
salarié peut-il cumuler plusieurs
emplois ?
Le cumul
dans le secteur public : Le cumul
d'emploi dans le secteur privé avec un
emploi dans le secteur public n'est pas
permis. La loi interdit en effet aux
fonctionnaires, agents et ouvriers de
l'Etat, des communes et des
départements, offices et établissements
publics, ainsi qu'au personnel de la
SNCF, de la RATP, des autres métros et
autobus urbains, des compagnies de
navigation aérienne ou maritimes
subventionnées, ainsi qu'au personnel
titulaire des organisme de sécurité
sociale d'occuper un emploi privé
rétribué ou d'effectuer à titre privé
un travail moyennant rémunération.
Le cumul
dans le secteur privé : Pour les
salariés du secteur privé,
l'interdiction est moins catégorique.
Elle ne s'applique que si le cumul
d'emplois a pour conséquence un
dépassement de la durée maximale de
travail , telle qu'elle résulte de la
loi et des décrets d'application pour la
profession. Sur le plan légal, la limite
journalière maximale est de 10 heures
sauf dans certains secteurs où la
convention collective prévoit une durée
de 12 heures, ou si une dérogation a
été accordée par l'inspecteur du
travail. Un salarié ne peut donc
travailler plus de 10 ou 12 heures par
jour. La loi prévoit également une
limite hebdomadaire à la durée du
travail qui ne peut dépasser 48 heures
(voire 46 heures sur une période de 12
semaines consécutives).
Le
salarié a les mêmes droits que les
autres dans chacune des entreprises qui
l'emploient.
Bon à
savoir
La
limitation du cumul ne s'applique pas :
aux
travaux d'ordre scientifique,
littéraire, artistique et aux concours
apportés aux uvres d'intérêt
général (enseignement, bienfaisance,
etc.),
aux
travaux effectués à titre gratuit,
aux
travaux ménagers de faible importance
effectués chez des particuliers pour
leurs besoins personnels.
Code du
travail : Art. L. 127-1 s et L. 324-1 s.
|