|
Lachenal
(Edmond) Céramiste français (1885-1956)
créateur d'une technique d'irisation qui
lui vaut une médaille d'or au Salon de
1889. Il se spécialise ensuite dans les
grès flammés de formes simples,
d'esprit japonisant. Son style évolue
vers l'Art Déco, toujours dans des
formes sobres souvent rehaussées
d'émaux. Son fils Raoul (1885-1956) a
repris l'atelier paternel en 1911 et
poursuivit dans la même voie. Lacroix
(Roger Vandercruse ou Delacroix)
Ébéniste d'origine flamande (1728-1799)
reçu maître en 1755. Il est reconnu
comme un des plus grands ébénistes du
XVIIIe siècle par l'élégance de ses
marqueteries d'une finition impeccable.
Lacrymatoire
ou lacrymaire Petit flacon de forme
allongée dont les Romains respiraient le
parfum pendant les cérémonies
funéraires accompagnées d'une
crémation sur un bûcher.
Ladik
Ville de Turquie centrale (bâtie sur les
ruines de l'ancienne Laodicée),
célèbre pour sa production de tapis de
prière ornés d'un décor central avec
niche. Les pièces les plus anciennes,
datant des XVIIe et des XVIIIe siècles,
présentent un mirhab en trois parties,
orné de petites colonnes. Les motifs
décoratifs les plus célèbres sont les
tulipes stylisées à longue tige et à
corolle en forme de cloche. Travaillés
généralement en laine, ces tapis
présentent des coloris vifs et un nouage
asymétrique d'intensité moyenne.
Laggioni
Terme ligure désignant les carreaux de
terre cuite ou de marjolique employés
pour recouvrir les sols ou les parois. De
forme carrée ou rectangulaire, ces
carreaux de revêtement présentaient des
décors simples ou composés, permettant
de réaliser de grandes fresques avec
personnages et figures ornementales. Ils
furent principalement fabriqués dans les
manufactures de Savone, de Gênes et
d'Albisola au cours des XVe et des XVIe
siècles.
Lahore
Ville du Pakistan, chef-lieu de la
province du Pendjab. Dès l'époque
mongole, elle fut le siège d'importantes
manufactures de tissus et de tapis
précieux. Au XIXe siècle cependant, la
production se banalisa, intégrant des
motifs décoratifs provenant d'horizons
divers. Les tapis de production actuelle
présentent une trame robuste et un
velours dense. Les motifs décoratifs les
plus courants sont les gül, les boteh,
les herati et les décors du répertoire
persan.
Lajoue
(Jacques de) Peintre et ornemaniste
français qui a inspiré de nombreux
modèles de décor rocaille (1687-1761).
Lalique
(René) Maître verrier et décorateur
français (1860-1945). Il est d'abord
créateur de bijoux raffinés de style
Art nouveau. Il s'oriente ensuite vers le
travail du verre notamment le verre
moulé et le verre pressé. A partir des
années 20, il crée des formes
stylisées en empruntant ses décors à
la nature ou au corps féminin. Il joue
des effets de lumière en faisant varier
l'épaisseur du verre. Les services de
verrerie qu'il fournit pour les grands
paquebots, (le Paris en 1920 et le
Normandie en 1936) consacrent sa
notoriété.
Lambert
Fabricant français de nombreux modèles
d'automates dans la seconde moitié du
XIXe siècle. tels que "Le Nègre
fumeur" ou "Le Marquis
fumeur". Ses automates à mouvements
complexes sont très recherchés des
amateurs et collectionneurs.
Lambrequin
Terme dérivé du flamand lamper,
signifiant "voile" ou
"crêpe" et désignant à
l'origine les franges et les éléments
de passementerie ornant les tissus
destinés à recouvrir certaines pièces
de mobilier (consoles, commodes, etc.).
Ce terme désigne, par similitude, les
décors caractéristiques des céramiques
de Rouen et de Moustiers du XVIIe
siècle, offrant des motifs
géométriques à fleurs et à feuilles
stylisées imitant les ornements des
tentures et des baldaquins.
Lambris
Ensemble de panneaux le plus souvent en
bois, mais aussi en marbre ou en stuc,
destinés à recouvrir les murs d'une
pièce.
Lampadaire
Appareil d'éclairage supportant un ou
plusieurs bras de lumière disposés
autour d'un axe central vertical.
Lampas
Étoffe en soie tissée mécaniquement à
l'imitation des soieries chinoises,
ornées de motifs variés. Au XVIIIe
siècle les soyeux lyonnais s'étaient
fait une spécialité de somptueux
lampas.
Landier
Sorte de grand chenet en fer forgé dont
la branche verticale est surmontée d'une
coupelle à claire-voie destinée à
cuire les aliments ou à les maintenir au
chaud dans l'âtre d'une cheminée.
Languette
Motif ornemental en forme de L ou de U
présent dans la décoration du mobilier
de style néoclassique. Ce terme désigne
aussi la charnière unissant le couvercle
au corps d'un pichet ou d'une verseuse et
permettant, par pression du pouce, de
soulever ce même couvercle.
Lanterne
Appareil d'éclairage formé d'une
carcasse en métal, garnie de plaques
transparentes (en parchemin en mica, en
cristal de roche, et le plus souvent en
verre) destinée à protéger une source
lumineuse. Les lanternes sourdes, parfois
appelées "absconses",
comportent des plaques de métal percées
de petits trous.
Lanterne
magique Appareil de projection en tôle
munie d'un système optique grossissant
éclairé par une flamme (une simple
bougie) et permettant de faire défiler
sur un écran des images fixées sur des
plaques de verre. Inventée au XVIIe
siècle, les lanternes magiques ont connu
un nouvel essor dans la seconde moitié
du XIXe siècle. On les considère comme
.les ancêtres du cinématographe
inventé par les frères Lumière en
1895.
Lanvin
(Jeanne) D'abord modiste, puis styliste
de haute couture (1867-1946). Elle a su
se faire une clientèle d'actrices et de
femmes célèbres et participer à la
décoration d'hôtels particuliers à
l'époque Art Déco, avec le concours
d'Armand Rateau et de Paul Plume.
Lao-Tseu
Dieu chinois de la longévité,
représenté, souvent en ivoire sculpté,
sous les traits d'un vieillard au large
front dégarni.
Lapis-lazuli
Pierre dure, semi précieuse, de couleur
bleu outremer, constituée de différents
minéraux parmi lesquels la pyrite à
laquelle elle doit ses inclusions dorées
caractéristiques. Dès l'Antiquité,
elle fut utilisée pour la fabrication de
bijoux, d'objets décoratifs, de
marqueteries et de mosaïques. Broyée en
fine poudre, elle constitua aussi un
précieux pigment pour les peintres du
Moyen Âge et de la Renaissance
(retables, fresques, etc.). Le terme
dérive du latin lapis,
"pierre", et du persan lasward,
"azur".
Laquage
Technique orientale utilisée pour
décorer les surfaces et les rendre plus
résistantes. La laque est étendue au
chiffon en plusieurs couches minces sur
la matière qu'elle doit recouvrir,
préalablement enduite de colle et de
plâtre pour la rendre plus lisse et plus
compacte. Sur la dernière couche,
lustrée à la pierre ponce. on étend
une couche d'aquarelle colorée qui
constitue le fond de la décoration :
cette dernière est ensuite recouverte
d'une couche de vernis protecteur
transparent.
Laque
Substance résineuse d'origine
végétale, de couleur brun rouge,
obtenue par incision de l'écorce du Rhus
Vernicifera (désigné aussi sous les
noms d'arbre à laque, de laquier et de
sumac), originaire de Chine, du Japon et
du Cambodge. Elle constitue le principal
élément d'un vernis précieux utilisé
pour la décoration d'objets d'art. Le
terme désigne aussi d'autres sortes de
vernis transparents ou opaques, d'origine
animale, végétale ou synthétique. La
fameuse laque japonaise était
constituée d'un mélange à la
composition extrêmement complexe : elle
venait recouvrir les surfaces des objets
précieux et l'on comptait jusqu'à
dix-huit couches de cette substance,
obtenues par une suite d'opérations fort
longues et techniquement fort savantes.
En Chine, la tradition préférait les
tons marron, bleus, rouges et verts. Au
Japon, ces coloris s'enrichissaient de
feuilles d'or et d'argent. Découverte
par la compagnie des Jésuites en Chine
et au Japon, la laque fut exportée en
Europe au XVIIIe siècle, alors que les
objets d'Extrême Orient (panneaux
décoratifs pour pièces de mobilier,
paravents, tabletterie, etc.)
connaissaient un succès considérable.
Les artisans européens tentèrent d'en
percer le secret et inventèrent
différents vernis en imitant les
caractéristiques, parmi lesquels le
célèbre vernis mis au point à Paris
par les frères Martin. On emploie le
masculin pour désigner les objets
fabriqués dans cette matière.
Larmes
Motifs décoratifs en forme de pastilles
exécutés à chaud sur les parois de
certains verres. Cette technique qui
remonte à l'Antiquité a été
perpétuée par les verriers
mérovingiens en Normandie, puis au XVIe
siècle en Lorraine, aux Pays-Bas et en
Allemagne.
La
Rochelle Située sur la façade
Atlantique des côtes françaises, cette
ville abrita une manufacture de faïence
active au XVIIIe siècle qui a produit
des pièces inspirées des décors de
Delft, Rouen, et Nevers.
Latesino
Terme italien désignant des majoliques
de couleur blanc perlé, fabriquées en
Lombardie au cours des XVIIe et XVIIIe
siècles. Ces pièces, qui présentaient
des décors polychromes de facture
raffinée, furent longtemps attribuées,
à tort, à des manufactures
vénitiennes. Le terme dérive de la
ressemblance existant entre la couleur du
vernis employé et celle du lait d'amidon
(latte), utilisé autrefois pour empeser
le linge.
Lattimo
(ou blanc de lait) Verre de couleur
blanche, généralement opaque, obtenu en
mélangeant à la préparation de base,
du plomb et de rétain, du plomb et de
l'arsenic ou encore des cendres d'os
broyés. Utilisé dans la Rome Antique à
des fins ornementales (en association
avec des matières transparentes), ce
verre fut aussi employé avec succès par
les manufactures vénitiennes (où il
était alors appelé lattisuol ou
lattesimo) à partir du XVe siècle, pour
sa consistance particulière et sa
couleur caractéristique, qui le faisait
ressembler à la porcelaine, un matériau
encore rare et coûteux en Europe. Les
plus belles pièces datent du XVIIIe
siècle mais aussi de la période Art
Déco (Martinuzzi, etc.). Ce verre fut
produit par d'autres pays européens dont
la France ("blanc de lait"), la
Grande-Bretagne (opaque white-glass) et
l'Allemagne (Milchglass).
Lavis
(gravure au) Expression désignant un
procédé technique consistant à
recouvrir une matrice, préalablement
travaillée à l'eau forte, d'un acide
étendu au pinceau. Cette technique,
d'exécution complexe, permet de
rehausser les effets obtenus à
l'eau-forte en nuançant et en estompant
le trait.
Layette
Petit coffre en bois blanc où l'on
rangeait autrefois la layette des
bébés. Les layettes désignent
également les casiers fixés à
l'intérieur d'un coffre, ou les tiroirs
en bois mince d'un cabinet ou d'un
secrétaire.
Le
Corbusier (Charles Edouard, né
Jeanneret) Architecte d'origine suisse
(1887-1965), animateur de la revue
"l'Esprit nouveau", qui
préconise l'intégration de
l'ameublement dans l'espace intérieur
des appartements. Il veut que
l'habitation soit une "machine à
habiter". Ses grandes réalisations
urbaines et sa doctrine originale ont
fortement marqué l'architecture du XXe
siècle.
Le Croisic
Ville de la Loire-Atlantique qui fut le
siège, d'ailleurs mal localisé, d'une
fabrique de faïence créée à la fin du
XVIe siècle par un verrier italien. Les
faïences blanches ou à décor naïfs,
dites du Croisic, ressemblent aux
productions du Nivernais.
Lefaucheux
(Casimir) Armurier français, inventeur
de la cartouche à broche (1802-1852).
Les revolvers Lefaucheux ont été
adoptés par la marine en 1858.
Le Nove
Ville du nord de l'Italie située près
de Bassano del Grappa (Vénétie), rendue
célèbre par la manufacture de majolique
que Giovanni Battista Antonibon y fonda
en 1728. Les premières pièces
s'inspiraient de la majolique de Lodi
(Lombardie) et les suivantes, de celle de
Delft (Pays-Bas). Plus tard, Pasquale
Antonibon se lança dans la fabrication
de porcelaines tendres aux formes
plastiques de goût rocaille.
Lead
glazed Expression anglaise définissant
des terres cuites fines de production
locale, dont la couleur jaune ivoire
caractéristique est due à la présence
de composants ferreux dans le vernis
plombifère. Ces terres cuites, appelées
cream couloured earthenware et
initialement fabriquées dans le
Staffordshire, connurent un large succès
au XVIIIe siècle, succès qui parvint à
éclipser celui de la céramique de Delft
(Pays-Bas) comme celui des majoliques
italiennes.
Lectrin
Pupitre de lecture monté sur un pas de
vis vertical utilisé au Moyen Âge pour
y poser des livres liturgiques (voir
lutrin).
Leeds
Ville du Yorkshire (Grande-Bretagne),
siège d'une importante manufacture de
céramique fondée vers 1760 qui fut
florissante entre 1774 et 1820. La
manufacture se spécialisa dans la
fabrication de terres cuites
d'utilisation courante, recouvertes de
vernis plombifère de couleur ivoire et
aux décors caractéristiques (en relief
ou à jour). Elle s'illustra également
par la création de pièces décoratives,
parmi lesquelles les célèbres
statuettes moulées (notamment à usage
de centres de table), représentant des
chevaux de trait. La manufacture fut
fermée en 1878.
Legrain
(Pierre) Dessinateur, décorateur et
relieur de talent (1889-1929). Il a
travaillé longtemps avec d'autres
ensembliers notamment Paul Iribe et
Jacques Doucet, mais c'est surtout par le
style de ses reliures, savamment
composées de matières inhabituelles
(bois, nacre, galuchat qu'il s'est
montré un novateur représentatif de
l'époque Art Déco.
Légumier
Récipient en argent, en faïence ou en
porcelaine muni d'un couvercle, qui
servait à présenter les légumes.
Leleu
(Jean-François) Ébéniste français
reçu maître en 1764, créateur de
meubles aux lignes sobres et élégantes,
remarquables par la grande qualité des
marqueteries.
Leleu
(Jules-Emile) Décorateur français (
1883-1961 ) qui a su adapter les
traditions classiques aux techniques
ornementales du XXe siècle. Avec son
frère Marcel il a participé à la
décoration de plusieurs paquebots et de
grandes ambassades.
Lenci
Fabrique de jouets fondée à Turin
(Italie) en 1919, spécialisée dans la
production de poupées (fort appréciées
des collectionneurs) dont les vêtements
étaient réalisés dans la fameuse
"étoffe Lenci", une feutrine
non tissée.
Lenoble
(Emile) Céramiste français
représentatif du style Art Déco
(1875-1940). Spécialiste des faïences
et des émaux, il s'est intéressé aux
grès à décors géométriques.
Lepaute
(Jean, 1720-1788 et Jean-Baptiste,
1727-1802) Horlogers français qui ont
contribué aux perfectionnements
techniques et esthétiques de la mesure
du temps. On leur doit notamment les
horloges à cercles tournants. Les
établissements Lepaute ont maintenu leur
activité avec leurs descendants jusqu'au
début du XXe siècle.
Lépine
(Jean-Antoine) Horloger français (
1720-1814), fondateur d'une entreprise
très active réputée pour la précision
de ses montres et horloges. Fournisseur
de la cour sous Louis XV et Louis XVI.
Le Roy
(Julien 1688-1759 et Pierre, 1717-1785)
Et d'autres descendants ont amélioré
divers systèmes de régulation des
mécanismes d'horloges et de montres. Les
plus appréciées des pendules signées
Le Roy sont les cartels du XVIIIe
siècle. A l'origine de la chronométrie,
Pierre Le Roy fut maître des horlogers
de Paris en 1737.
Lesghi
Groupe de tapis noués en laine douce,
fabriqués par l'ethnie caucasienne
homonyme, installée actuellement au
Daghestan russe. Ces tapis se
caractérisent par des compositions aux
coloris vifs, travaillées généralement
sur un fond de couleur blanc ivoire,
bleue ou rouge. Le décor central s'orne
de la fameuse "étoile Lesghi"
à huit branches.
Lettre-date
Marque imprimée en creux dans les
pièces d'argenterie pour garantir la
légalité du titre. Le choix d'une
lettre de l'alphabet apposée à côté
des autres poinçons permettait de dater
avec précision les objets en argent de
l'Ancien Régime.
Levasseur
(Étienne) Ébéniste français
(1721-1798) reçu maître en 1767 après
son apprentissage dans les ateliers
d'André Charles Boulle. Il a laissé son
estampille sur des meubles de style Louis
XVI très ornés de bronze ciselé ainsi
que sur des meubles dans le goût de
Boulle qu'il a minutieusement restauré.
Liberty
(style) Style caractéristique des arts
décoratifs italiens entre la fin du XIXe
siècle et la Première Guerre mondiale.
Le terme dérive du nom de la manufacture
londonnienne Liberty & Co., fondée
par l'antiquaire anglais Arthur Liberty,
et spécialisée dans la
commercialisation d'objets de fabrication
orientale. Connu sous le nom d'Art
nouveau, en Allemagne sous celui de
Jugendstil, en Autriche sous celui de
Sezessionstil, en Grande Bretagne sous
celui de Modem Style et en Espagne sous
celui de Modernismo, le style Liberty
s'inspire des éléments de la nature
dont les lignes sinueuses et exubérantes
ornent avec bonheur pièces de mobilier,
objets décoratifs, tissus, papiers
peints, tapis, bijoux, etc.
Libonis
(Léon) Créateur de cartes postales
illustrées (1844-1901). Il s'est rendu
célèbre par une carte postale
lithographique représentant la Tour
Eiffel tirée à 300 000 exemplaires à
l'occasion de l'Exposition Universelle de
1900,et qui, cependant est devenue d'une
grande rareté.
Lice (ou
lisse) Pièce d'un métier à tisser
constituée d'une cordelette en forme
d'anneau portant un illet (ou une
maille), dans lequel est passé un fil de
chaîne. Dans la fabrication des
tapisseries, on distingue les pièces de
haute lice (fils de chaîne disposés
verticalement) et de basse lice (fils de
chaîne disposés horizontalement).
Ligne
Unité de mesure équivalent à la
douzième, partie du pouce, soit environ
2,25 mm. La ligne a le point comme
sous-multiple.
Ligron
Centre de poterie du haut Maine qui
regroupait les pièces réalisées par
des artisans de la Sarthe aux XVIIe,
XVIIIe et XIXe siècles. Les modèles les
plus recherchés sont les soupières et
les pichets jaunes et verts ornés de
personnages.
Lille
Ville du nord de la France dans laquelle
Jacques Féburier et Jean Bossu
fondèrent en 1696 une importante
fabrique de céramique. Les premières
pièces s'inspiraient de la stylistique
de Rouen ; les suivantes de celles de
Delft (Pays-Bas) et de Strasbourg. Les
manufactures lilloises se
spécialisèrent dans la fabrication de
céramiques d'usage courant mais aussi de
statuettes, exécutées selon la
technique du grand feu dans les teintes
blanc ivoire, grises ou bleues, que
rehaussaient quelques touches de vert et
de jaune. Les pièces les plus
recherchées, sont les grands plats
d'apparat, les assiettes à décor de
jeux de cartes, les pichets en forme de
Jacquots et de Jacquelines. Elle fut
aussi le siège, entre le XVIe et le
XVIIIe siècle, d'une florissante
manufacture de tapisseries dont les
pièces les plus célèbres sont sans
doute les "ténières"
exécutées en 1759 et figurant des
scènes de la vie des champs.
Limaçon
Motif sculpté en forme de spirale qui
orne l'extrémité des pieds de sièges
ou de certains meubles.
Limoges
Ville du centre de la France, célèbre
entre le XIIe et le XIVe siècle pour ses
fameux émaux champlevés. La production
d'émaux peints dans des coloris profonds
(bleu et violet) parfirent sa renommée
entre le XVe et le XVIIIe siècle. La
ville est aussi connue pour sa production
de porcelaines dures, commencée en 1766
à la suite de la découverte du gisement
de kaolin de Saint Yriex dans les
environs de la cité. La fabrique,
devenue manufacture royale en 1774, passa
alors sous la direction des ateliers de
Sèvres dont elle subit l'influence. Le
motif de la "rose de Limoges"
est resté célèbre.
Limonaire
Instrument de musique où le son est
obtenu en tournant une manivelle. Son nom
provient de la maison "Limonaire
Frère" qui a équipé de nombreux
manèges dans la seconde moitié du XIXe
siècle, et parfois des orchestres
d'automates musiciens. L'orgue de
Barbarie fait partie de la même famille
que le limonaire.
Linographie
Technique d'impression à partir d'une
matrice en linoléum ; gravure qui en
dérive. La souplesse du linoléum,
travaillé à l'aide de plumes et de
poinçons, facilite et accélère
grandement l'exécution de la matrice. Le
procédé d'impression (encrage des
parties en relief et passage sous la
presse) est le même que celui utilisé
pour la xylographie.
Listel
Moulure striée qui borde la
circonférence d'une pièce de monnaie.
En ébénisterie, le listel désigne une
baguette en bronze ou en cuivre qui
encadre la façade d'un tiroir.
Lit à la
duchesse Pièce de mobilier d'apparat
utilisé en France au XVIIIe siècle,
âge d'or des favorites. Ce type de lit,
richement garni de tissus précieux,
présentait un baldaquin soutenu non par
des colonnes mais par un support appuyé
contre le chevet du lit ou contre le mur.
Lit à la
turque Lit de repos, caractéristique du
mobilier français de la fin du XVIIe
siècle. Il présentait un dossier galbé
sur sa longueur postérieure et deux
accotoirs latéraux, symétriques et
recourbés . Le tout était surmonté
d'un petit baldaquin en forme de coupole,
appuyé au mur, duquel retombaient deux
panneaux de tissu précieux, drapés sur
les accotoirs.
Lit bateau
Pièce de mobilier caractéristique de
l'époque Empire, que l'on plaçait
généralement contre un mur (l'un des
longerons étant dépourvu
d'ornementation). Les accotoirs à
rouleaux et le longeron visible
présentaient un mouvement curviligne
rappelant la forme d'une embarcation,
mais grand nombre de pièces s'ornaient
aussi de bois aux lignes droites. Ce type
de lit était généralement placé dans
une alcôve et surmonté d'un baldaquin.
Lit d'ange
(ou à l'ange) Pièce de mobilier
semblable au lit à la duchesse mais de
dimensions plus modestes (baldaquin moins
élevé et hauteur du chevet plus
élevée que celle du pied). Ce type de
lit connut une grande vogue sous les
règnes de Louis XV et de Louis XVI.
Lithographie
Procédé de gravure sur pierre mis au
point à la fin du XVIIIe siècle et
fondé sur le principe de l'insolubilité
d'une encre grasse dans l'eau. La matrice
est une pierre calcaire poreuse à grain
fin sur laquelle est tracé à l'encre
grasse un dessin. Après séchage de
l'encre, la matrice est plongée dans une
solution d'eau, puis encrée au rouleau :
seul le tracé du dessin retiendra
l'encre typographique. La matrice,
recouverte d'une feuille de papier, est
ensuite passée sous la presse. Dans la
chromolithographie, la gravure est
rehaussée de couleurs, par passages
successifs sous la presse. La matrice de
pierre est parfois remplacée par une
plaque de métal poreux (zinc ou
aluminium). Ce procédé a été inventé
en 1796 par le bavarois Senefelder.
Lithophanie
Procédé décoratif appliqué à la
porcelaine et visant à créer des effets
de transparence. Inventé en 1827 par le
baron de Bourgoing (qui en céda le
brevet aux manufactures de Meissen et de
Berlin), ce procédé utilise plusieurs
couches de porcelaine blanche translucide
entre lesquelles on décèle des motifs
figuratifs travaillés en clair-obscur,
inspirés généralement de sujets à
l'antique.
Lithyalin
Verre non transparent, inventé par le
verrier bohème Friedrich Egermann en
1828. Le plus souvent en rouge (ou de
teinte vive), ce verre présente des
veinures rappelant l'aspect de certaines
pierres dures.
Lodi Ville
de Lombardie (Italie), siège de
nombreuses manufactures de majolique
fondées au XIVe siècle. Florissante à
la Renaissance, la ville connut sa plus
grande splendeur aux XVIIe et XVIIIe
siècles. Les céramiques de Lodi,
délicates et légères, émaillées de
blanc laiteux et décorées d'élégants
motifs polychromes, sont inspirées par
la stylistique de Rouen et de Strasbourg
ou par des motifs de goût oriental et
rococo.
Longeron
Pièce longitudinale du bâti d'un
meuble. Dans un lit, élément horizontal
raccordant les chevets.
Longwy
Centre faïencier fondé à la fin du
XVIIIe siècle par la famille Boch,
surtout actif sous l'Empire. Cette
faïencerie a produit des pièces à
décors moulés, statuettes et services
à décors imprimés rehaussés d'un
filet d'or.
Lori
(Louri) Peuplade de souche iranienne,
établie depuis les temps les plus
reculés dans le sud-ouest de l'Iran,
productrice de petits tapis en laine, de
facture robuste, à nouage symétrique ou
asymétrique. L'ornementation varie selon
le patrimoine culturel de la tribu
productrice : croisillons formant un
polygone, rhomboïdes disposés le long
de l'axe vertical du tapis, etc.
Lori
Pambak Tapis Kazak, tissés dans le
Caucase occidental notamment aux confins
de la Géorgie. Ces tapis présentent
généralement un grand médaillon
central de couleur blanche et de forme
octogonale, orné d'un motif stylisé
rappelant un trèfle à quatre feuilles
(travaillé en vert et en rouge) et
entouré d'une couronne de petits
losanges à crochets.
Losange
Élément décoratif rhomboïdal utilisé
en architecture. En ébénisterie, il fut
utilisé à la Renaissance pour orner
armoires, coffres, commodes, lambris,
portes, etc. Aux XVIIe et XVIIIe
siècles. Il fut employé sous forme de
guirlandes (simples ou associées à
d'autres éléments décoratifs).
Lotus
Plante d'Extrême Orient dont les
feuilles harmonieusement découpées
ornent souvent le socle des statues de
Bouddha. Le lotus est symbole de pureté.
Louis XIII
(style) Style français qui dépassa les
strictes limites historiques du règne du
monarque et s'étendit entre 1600 et 1660
environ. Il constitue la transition entre
les années Renaissance et le style Grand
Siècle (règne de Louis XIV). Deux
tendances s'affirment : la première
d'inspiration flamande (période Marie de
Médicis) et la seconde, de goût italien
(période Mazarin et Anne d'Autriche). Le
répertoire propre au baroque flamand s'y
manifeste avec mesure : spirales,
balustrexs, ornements à amphores
marquent souvent les structures portantes
des pièces de mobilier. On constate la
présence de placages en bois sombres et
précieux (ébène) et de marqueteries en
ivoire, en écaille de tortue ou en
pierres dures et semi précieuses. Les
pièces les plus remarquables de cette
époque sont sans doute les fameux
cabinets, véritables petites
architectures aux détails raffinés.
Louis XIV
(style) Style français caractéristique
du règne (personnel) de Louis XIV
(1661-1715). La politique du monarque,
centralisatrice et fortement teintée du
culte de la personnalité, conditionne
l'évolution des arts, marqués d'un
puissant esprit nationaliste. Le
souverain prend son rôle de roi très au
sérieux, aussi, secondé politiquement
par de fortes personnalités (Colbert) et
culturellement par des artistes de génie
(Le Brun, Bérain, etc.), relança la
production française qui, grâce à son
raffinement et à son esprit d'invention,
fut adoptée par toutes les cours
européennes de l'époque. Le mobilier,
élégant et somptueux, s'inspire de la
tradition classique, dont il bannit
cependant l'austérité : dorures à
profusion, lignes courbes et sculptures
élaborées caractérisent l'ensemble de
la décoration. L'art du grand ébéniste
André Charles Boulle, inventeur d'une
célèbre technique de marqueterie
employant des bois précieux du laiton et
de l'écaille de tortue, pour créer des
décors originaux et raffinés, fut
imité dans l'Europe entière et à des
époques diverses.
Louis XV
(style) Style français caractéristique
du règne de Louis XV (1715-1774), au
cours duquel s'affirment deux tendances :
la première (qui se situe entre 1740 et
1760) est marquée par l'affirmation en
France du goût rococo et la seconde (qui
caractérise les dernières années du
règne du monarque), par
l'épanouissement du néoclassicisme.
L'ensemble du style présente cependant
des lignes courbes. souvent
asymétriques, et des coloris pastel,
exaltés par des ornements raffinés en
bronze doré. Les applications en bronze
délaissent les motifs géométriques
pour s'inspirer des formes de la nature :
fleurettes en bouquets, grappes de
fruits, coquillages ou arabesques
orientalistes.
Louis XVI
(style) Style français caractéristique
du règne de Louis XVI (1774-1793). Cette
période voit le retour des formes
classiques, strictes et rigoureuses,
qu'exaltera quelques décennies plus
tard, le style Empire. La ligne sinueuse
et les ornements fleuris,
caractéristiques de l'époque rocaille,
disparaissent au profit des structures
symétriques, dépouillées, que
rehaussent quelques éléments
architecturaux inspirés de l'Antique
(amphores, amours, festons avec rubans
entrecroisés, frises, etc.), remis en
vogue par les récentes fouilles
archéologiques pratiquées en Italie sur
les sites célèbres de Pompéi et
d'Herculanum. Le riche répertoire de
l'antiquité gréco-romaine inspira le
peintre Jacques Louis David qui dessina
de nombreuses pièces de mobilier aussi
bien sous le règne de Louis XVI que sous
celui de Napoléon Ier.
Louis-Philippe
(style) Style français caractéristique
du règne de Louis-Philippe (1830-1848).
Il puise son inspiration dans les styles
du passé et dans l'éclectisme de formes
qui caractérise l'époque de la
Restauration. La production de cette
période est surtout influencée par les
goûts de la nouvelle bourgeoisie
d'affaires et par les possibilités
qu'offre la production industrielle. Le
mobilier se caractérise par le retour de
la ligne courbe (notamment dans les
piétements) et par une ornementation
redondante (applications en porcelaine ou
en métal). Les ébénistes de l'époque
puisent abondamment dans le répertoire
historique (lignes classique, rococo,
moyenâgeuse, Renaissance, baroque,
etc.), en compromettant souvent
l'équilibre des pièces pour leur
conférer une luminosité plus éloquente
ou pour en exalter les tons.
Louisbourg
Ville allemande située dans les environs
de Stuttgart, siège d'une importante
manufacture de porcelaine fondée en 1756
et active jusqu'en 1824. A la production
de porcelaines dures s'ajouta la
fabrication de céramiques et de terres
cuites. Les statuettes, élégantes et
raffinées, d'inspiration mythologique ou
rococo, furent produites entre 1760 et
1770, la décennie d'or de la
manufacture.
Loupe
Excroissance qui se développe [sur les
troncs d'arbre. En coupant des planches
parallèles, à travers la loupe, le
menuisier obtient des effets de ramages.
La loupe d'orme a été utilisée en
placage sur les meubles de l'époque
Charles X ou en massif sur les panneaux
d'armoires de certains meubles
régionaux, notamment en Bresse. La loupe
ne doit pas se confondre avec la ronce
qui est la partie ramifiée à la
naissance d'une branche d'arbre au niveau
du trou. Les panneaux de ronce, piquetés
de motifs circulaires irréguliers,
donnent des effets décoratifs
comparables aux loupes.
Loupot
(Charles) Affichiste français de talent
qui a donné un nouveau souffle à l'art
graphique moderne ( 1892-1962). Parmi ses
publicités les plus célèbres, les
regards de tous ont retenu La peinture
Valentine, les Galeries Barbès,
Saint-Raphaël, Dop, etc.
Lurçat
(Jean) Peintre et créateur de
tapisseries dont il a assuré le
renouveau (1892-1966). Fixé à Aubusson,
il a retrouvé l'art des lissiers
d'autrefois en limitant le nombre des
couleurs pour donner plus de puissance à
de grandes tentures décoratives.
Lustrage
Technique utilisée en ébénisterie pour
exalter les qualités naturelles d'un
bois (grain, veinures, couleur, etc.),
grâce à l'emploi de substances
protectrices transparentes, neutres ou
légèrement colorées. Au Moyen Âge et
à la Renaissance, les ébénistes
lustraient le bois avec des substances à
base d'huile de lin ou de noix qui
conféraient aux meubles une patine
chaude et soyeuse ; aux siècles
postérieurs, ils employèrent de la cire
d'abeilles vierge et des solutions à
base de résines transparentes, apportant
au bois une mince couche protectrice
brillante. Au XIXe siècle, les
ébénistes commencèrent à utiliser des
mélanges à l'alcool, étendus au tampon
(le bois étant recouvert d'une solution
de gomme laque additionnée d'alcool,
appliquée avec du coton hydrophile).
Lustre
Appareil d'éclairage présentant
plusieurs lampes, suspendu généralement
au centre d'une pièce. En vogue au
XVIIIe siècle, les lustres étaient
fabriqués en bronze doré, en bois
peint, en cristal, en porcelaine, etc.
Lustre
métallique Vernis à reflets
métalliques, utilisé pour revêtir les
couvertes des céramiques, notamment à
l'époque Renaissance, dans les
manufactures italiennes de Gubbio et de
Deruta (Ombrie), pour imiter l'aspect des
maJoliques espagnoles d'inspiration
orientale. Ce vernis était obtenu en
mélangeant des pigments métalliques
(or, cuivre, argent, cadmium, etc.) à
une résine d'huiles essentielles. Ce
mélange était alors étendu sur la
couverture de la pièce, cuite une
seconde fois à une faible température
(600/800 °C). Cette technique fut aussi
utilisée à la fin du XIXe siècle, et
notamment par les artistes de l'Art
nouveau.
Lutrin
Pupitre de lecture qui a succédé au
lectrin au XVIIe siècle, avec davantage
d'ornements sculptés, prenant parfois la
forme d'un aigle aux ailes déployées.
Lyre
Instrument de musique ancien à cordes
pincées. La lyre est également un
élégant motif utilisé en piétement
pour les tables, en dossier ajouré pour
les chaises ou en bronze d'appliques sous
l'Empire et la Restauration.
Lyre, en
Expression qui désigne certains
éléments présentant la forme de
l'ancien instrument de musique du même
nom (dossiers, piétements, etc.).
|